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Vélos sur autoroute

Velos

Désormais, aux Pays-Bas et en Corée du Sud, les vélos peuvent circuler en toute sécurité sur des portions d’autoroutes aménagées spécialement à leur effet.  Il s’agit là d’une innovation suffisamment incroyable en matière de mobilité pour qu’elle soit présentée et analysée. Elle s’appuie sur un modèle économique appelé « Over The Top » (OTT). Ce dernier utilise une infrastructure existante pour un nouvel usage, gratuit pour l’utilisateur final. En effet, dans le cas présent, la source de revenus ne provient pas d’un abonnement payé par les utilisateurs. La vente de l’énergie produite par le dispositif s’y substitue avantageusement.

Cas des vélos sur autoroute aux Pays-Bas

SolaRoad, société fondée en 2018 aux Pays-Bas, est à l’origine de la première piste cyclable solaire à Krommenie, près d’Amsterdam. Son concept est simple. Des éléments de chaussée routière intègrent des panneaux solaires comportant un revêtement antidérapant et translucide. Ils sont ensuite montés sur une dalle de béton sur le terreplein central inutilisé de l’autoroute.

Ainsi, le béton fournit un support et une capacité de charge et le panneau solaire génère de l’électricité à partir de la lumière du soleil. Quant au revêtement, il protège le panneau solaire et offre une résistance au dérapage pour la circulation des vélos. Le résultat de cette combinaison est une route robuste offrant sécurité et confort aux cyclistes, tout en générant de l’électricité solaire.

Les points négatifs

Au lancement du projet pilote, cette solution a soulevé de nombreuses critiques. En effet, les cyclistes roulaient sur les panneaux solaires et non pas en dessous. Cela provoquait des salissures liées à leur circulation sur les dalles. De même, les rayons du soleil ne pouvaient pas passer normalement et la production d’électricité se trouvait limitée à 30 % de sa capacité normale. Par ailleurs, rouler au milieu d’une autoroute ne semblait pas être la solution idéale. Les bas-côtés apparaissaient pour certains comme une bien meilleure option. Pour finir, le coût de 3,7 millions de dollars pour 70 mètres de panneaux solaires s’avérait être exorbitant.

Les points positifs

Pour autant, la possibilité de faciliter des déplacements grâce à ce mode actif sur autoroute présentait un avantage certain pour la population locale. Elle permettait de relier via l’autoroute des communes voisines. De plus, la quantité d’électricité produite pouvait être revendue à des tiers. Ainsi, au cours de sa première année, la piste cyclable solaire a produit 9 800 kWh, ce qui correspond à peu près à la consommation moyenne de trois ménages néerlandais.

Bilan et perspectives à l’issue de trois ans

Les tests ont duré trois ans et ont permis de dresser un bilan positif de l’opération. Il concerne notamment la quantité d’énergie solaire générée selon les saisons et les conditions de sécurité pour les cyclistes. Cela a également permis d’imaginer de nouvelles pistes de développement :

  • Recueil de data via des capteurs,
  • Marquages routiers variables par LED gérées à distance,
  • Chauffage de la voie en hiver,
  • Système de transfert d’énergie sans fil.

La piste cyclable solaire néerlandaise de SolaRoad apparaît désormais comme un succès. De ce fait, elle se développe aussi à l’international. Aux Pays-Bas, cela a donné lieu à l’ajout de 20 nouveaux mètres aux précédents.

Une nouvelle étape avec le consortium européen Rolling Solar

Fort de ce retour d’expérience, SolaRoad fait désormais partie d’un consortium européen appelé Rolling Solar qui rassemble des partenaires de différents pays. Leur objectif vise à optimiser la 2e génération de cette technologie avec des tests in situ approfondis. Cela leur donnera l’occasion d’observer le comportement pratique à moyen et long termes pour une variété d’utilisations imaginées.

Pour autant, les perspectives de croissance pour le marché des cellules solaires intégrées à des infrastructures publiques sont encore difficiles à estimer. En effet, par rapport aux formes traditionnelles de production d’énergie verte, cette solution s’avère plus onéreuse. Cependant, la demande peut réduire les coûts à terme.

Pour ce faire, les efforts portent sur la valeur client engendrée et la rentabilité d’un tel produit. C’est pourquoi, le développement technologique et la montée en charge de la production apparaissent nécessaires pour vraiment progresser dans ce sens.

Cas des vélos sur autoroute en Corée du Sud

En 2019, la Corée du Sud a décidé de suivre le modèle néerlandais en l’adaptant à ses attentes. Pour ce faire, elle a aménagé une piste cyclable couverte d’une toiture de panneaux solaires sur le terreplein central d’une autoroute. L’itinéraire s’étend sur environ 30 km entre Daejeon (à 150 km au sud de Séoul) et Sejong (à quelques kilomètres au nord de Daejeon).

Pour y accéder, les cyclistes entrent et sortent de la piste en empruntant des tunnels qui passent sous l’autoroute. Une fois, qu’ils sont sur la piste, des barrières latérales les sécurisent par rapport aux trois voies dédiées aux véhicules, de part et d’autre de cette piste. Quant aux panneaux solaires, ils sont placés sur le toit, légèrement inclinés. Ainsi, ils constituent une excellente protection pour les cyclistes contre le soleil. Ils fournissent également une énergie propre en quantité suffisante pour alimenter l’éclairage le long de l’autoroute et les stations de recharge pour les véhicules et les vélos électriques.Video

Conclusion

Cette innovation s’avère particulièrement prometteuse car elle permet à des modes actifs d’accéder à l’autoroute en toute sécurité, ce qui leur était interdit auparavant. Les concessionnaires en France devraient s’emparer de l’idée pour la développer sur leur réseau. Cela vaut notamment pour les zones peu denses et en périphérie des grandes métropoles. En effet, elle permet d’apporter une alternative à l’usage de la voiture particulière en l’absence de transports en commun.

Parmi ses principaux intérêts, on peut citer :

  • La durabilité de la solution (promotion des modes actifs et production d’énergie verte)
  • Sa facilité d’intégration grâce aux éléments préfabriqués à installer sur une fondation de route régulière
  • Un coût total de possession similaire à celui des routes ordinaires (investissement plus élevé, mais couvert par la vente de l’électricité produite).

Les provinces de Hollande du Nord et du Sud et la Corée du Sud ont été pionnières en la matière. Souhaitons que la France leur emboîte le pas.

 

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