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Transport aérien : un nouveau mode de mobilité en ville

Alors que le transport aérien n’a vraiment démarré qu’en 1903 avec le 1er vol des frères Wright, la grande surprise est qu’il ne se situe encore qu’au début d’une grande révolution. En effet, les récents développements (capacité des batteries, autonomie et technologie embarquée) rendent désormais possibles de nouveaux types d’avion pour de nouveaux usages en relation avec la mobilité en ville.

Pourquoi s’orienter vers le transport aérien en ville ?

Ainsi, ces véhicules prennent de nouvelles formes et offrent de nouvelles possibilités. Ils peuvent aussi s’exploiter différemment par rapport aux avions traditionnels. C’est pourquoi ils constituent un domaine en émergence à la croisée de l’aviation, de l’automobile, des transports en commun et de la logistique. On les appelle les  « véhicules eVTOL » ou véhicules électriques à décollage et atterrissage verticaux.

Par conséquent, dans un avenir proche, ils pourraient apporter une solution viable aux problématiques de fort trafic routier dans nos villes. En effet, la demande en mobilité continue de croître. Elle accentue les embouteillages du fait d’une utilisation toujours massive de la voiture particulière. En outre, les transports en commun sont, selon les territoires, soit surchargés, soit trop rares. Ils pourraient aussi permettre des interventions plus rapides. Cela favoriserait l’acheminement des forces de police, des pompiers ou des services d’urgence.

Ainsi, les véhicules eVTOL constituent une alternative intéressante et crédible aux transports terrestres. En cela, ils  répondent aux besoins de déplacements urbains et interurbains et de proximité ou de transfert de point à point par des navettes à la demande.

Qui s’implique dans le transport aérien en ville ?

A ce jour, des industriels tels qu’Airbus, Boeing, Bell et Safran ont lancé plus de 100 projets de taxis volants. Des transporteurs tels que la RATP, mais aussi des gestionnaires d’infrastructures tels qu’ADP, des cabinets d’architecte (Gensler pour le compte d’Uber) et de nombreuses startups dont Lilium s’impliquent également.

Parmi ces dernières se trouvent les deux têtes de liste actuelles. Il s’agit des porteurs des projets appelés eHang et Volocopter. Le premier concerne des taxis-drones développés par la société chinoise Beijing Yi-Hang. Le second est un appareil volant à propulsion électrique développé par la startup allemande du même nom. Il est important de signaler que ces deux projets ont dépassé le stade du concept. Désormais, les développements ont démarré et de multiples tests préparent leur mise en service.

Concernant ce dernier point, les premiers pilotes démarreront vraisemblablement dès l’année 2020. Les premiers services commerciaux ne seront accessibles qu’à partir de 2023. Pour autant, la pleine explosion de ces nouveaux services ne se fera qu’à l’horizon 2050. Les 3 segments couverts sont : les vols interurbains, les taxis volants en ville et les navettes d’aéroport.

Parmi les premiers pays à se lancer dans l’aventure de la mobilité urbaine aérienne, les professionnels de ce secteur d’activité considèrent Dubaï comme le premier, suivi par les États-Unis et la Chine.

Que se passera-t-il d’ici là ?

Aujourd’hui, de nombreuses sociétés ont développé leurs prototypes moyennant des investissements très conséquents. Pour autant, il leur faudra attendre encore dix ans avant d’atteindre un volume suffisamment important en production de véhicules eVTOL. Il faudra aussi que les services associés pour leur exploitation deviennent opérationnels. Pour les startups, il s’agit d’une période particulièrement délicate. En effet, elles peuvent disparaître en l’absence d’un marché mature et par manque de trésorerie.

Dans le même temps, le développement de ce marché va dépendre de facteurs externes (évolution du cadre  réglementaire et déploiement d’infrastructures). Entre autres, il est prévu une communication 5G robuste, ainsi que la construction de zones d’atterrissage et de décollage appropriées. Par ailleurs, la mise en œuvre d’équipements pour le rechargement électrique et la maintenance des véhicules de même que l’implantation de centres de contrôle s’avèrent essentiels. Par-dessus tout, ce sera l’acceptabilité de ce nouveau mode par les utilisateurs qui sera déterminante.

Le Cabinet Roland Berger s’attend à ce que quelques-unes de ces sociétés disparaissent pendant cette période. Des concurrents en profiteront pour les acquérir à moins qu’elles n’aient plus les financements requis pour poursuivre leur aventure.

Indépendamment des questions technologiques, les risques restent au centre des débats. La sécurité (cyberattaques ou vol de données par des hackers) en constitue l’essentiel. Eu égard à la multiplicité des solutions explorées, quel est au final le standard qui se dégagera et qui répondra à ces préoccupations légitimes ? Les autorités locales en charge des mobilités sauront-elles faire le bon choix d’autant que, sous le vocable « Smart City », on englobe des choses tout à fait différentes ? Aux questions posées, les réponses appropriées doivent être apportées.

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