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Person Of Interest

Le titre de mon post évoquera pour certains d’entre vous une série américaine. Elle met en scène un milliardaire américain à l’origine d’une innovation. Elle s’appuie sur un ingénieux programme informatique qui analyse toutes les traces numériques laissées par les habitants de villes aux USA. Celui-ci remonte ensuite, de manière prédictive, des alertes avant qu’un crime ne se produise.

Nous produisons de plus en plus de traces numériques

Ce scénario peut vous paraître futuriste, voire peu vraisemblable, et pourtant… Nous vivons désormais dans un univers numérique, véritable 6e continent. Il tend à se densifier en termes de traces numériques chaque jour un peu plus. En voici la preuve tangible.

Vous en produisez déjà vous-mêmes volontairement quand vous consultez Internet sur votre PC, votre tablette ou votre smartphone. Il en est de même quand vous postez des messages sur les réseaux sociaux. C’est aussi le cas quand vous contrôlez votre confort, votre consommation d’énergie ou la sécurité de votre maison…

Parfois, des autorités manipulent également cet univers numérique pour des questions de sécurité. Les espaces publics (rues de grandes villes, espaces de transport ou commerciaux, hôtels, ascenseurs…) sont leur terrain de jeu favori. Les appareils de vidéosurveillance qui les équipent vérifient que les conditions de sûreté y sont bien respectées. Il s’agit aussi de lutter contre la criminalité (vols, agressions…). Le cas échéant, ils peuvent permettre de procéder à un contrôle social (mouvements de foule…).

Les hackers s’intéressent aussi à nos traces numériques

Des tiers malveillants scrutent également cet univers numérique. Ils y récupèrent des informations concernant notre activité ou notre identité. Ils les exploitent ensuite pour réaliser des actions frauduleuses. Il peut s’agir de régulariser leur situation au regard de l’émigration, de commettre un délit ou un crime. Accéder à des droits de façon indue, usurper une identité ou retirer de l’argent à votre insu sur votre compte bancaire peuvent aussi les intéresser.

Par ailleurs, les gens du marketing, à travers le Big Data, s’intéressent à l’évolution du comportement, des habitudes de consommation et des usages de leurs clients. Isolément, les traces numériques recueillies sans structuration n’ont pas de signification. Par contre, en les regroupant avec d’autres, traitées et combinées dans des bases de données, elles prennent tout leur sens. Elles peuvent aussi tenir compte du temps réel et être visualisées pour une compréhension plus intuitive et une aide à la prise de décision.

L’individu devient le centre de toutes les attentions

A l’origine, l’acronyme POI (Point Of Interest) propre aux Systèmes d’Information Géographiques (SIG) désignait tout emplacement spécifique fixe doté de coordonnées X, Y, Z. Un logiciel de navigation GPS pouvait repérer son positionnement sur un fond cartographique. Aujourd’hui, un autre POI (Person Of Interest) qui désigne l’individu lambda, autrement dit vous et moi, en situation de mobilité l’a remplacé.

Ainsi, les objets communicants qui nous accompagnent vont progressivement abandonner leur statut d’objet pour intégrer, grâce à la miniaturisation et à l’Internet des objets, des situations de plus en plus diffuses dans notre environnement quotidien. Ils pourront se greffer à d’autres objets que nous portons sur nous (« wearable technology ») ou qui seront implantés dans notre corps. Les premiers ne sont pas nécessairement mobiles, mais les seconds le sont. En effet, ils nous accompagnent dans nos faits et gestes. Comme tous communiquent entre eux, on peut imaginer qu’ils formeront des réseaux ad hoc en permanente reconfiguration.

En conclusion

Le risque de l’instrumentation numérique est donc omniprésent si nous n’y prenons pas garde. De même, la marchandisation des données par certains acteurs (opérateurs mobiles ou GAFAM), du fait de leur massification, représente une bien grande tentation. Pour autant, le profilage des personnes, en l’absence d’anonymisation et dès lors qu’il porte atteinte à leur vie privée, constitue une infraction à la Loi Informatique et Libertés.

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