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Le télétravail : pour une meilleure qualité de vie et une ville durable !

Alors que la Smart City nous fait vivre à l’ère du numérique avec des technologies omniprésentes dans notre quotidien, il n’est pas encore question de généraliser le télétravail.

Pourtant, à la fluidité des connexions assurée par des liaisons haut débit s’oppose la lenteur de la mobilité individuelle en milieu urbain. En effet,  les déplacements en voiture ou en transports en commun ne sont pas faciles à vivre pour chacun de nous. Le nombre et l’ampleur des embouteillages, la saturation du transport public aux heures de pointe pénalisent chaque jour les citoyens. Qu’attend-on alors ?

Le télétravail, une solution qui vient à point nommé

Le télétravail désigne tout travail habituellement exécuté dans les locaux de l’employeur que le salarié peut effectuer à l’extérieur régulièrement et volontairement. Pour ce faire, il utilisera les technologies de l’information dans le cadre d’un contrat de travail ou d’un avenant à celui-ci.

En outre, le télétravail s’inscrit dans un cadre légal. Il est pris en compte par :

  • Un accord-cadre européen de juillet 2002 signé par tous les partenaires sociaux européens. L‘Accord National Interprofessionnel (ANI) du 19 juillet 2005 traite de sa transposition en France
  • L’adoption par le Parlement en mars 2012 de l’article 46 de la loi Warsmann relatif au statut du télétravailleur. La réforme a inséré trois nouveaux articles dans le Code du travail (L1222-9 à L1222-11) qui facilitent le recours au télétravail.

De ce fait, les télétravailleurs bénéficient des mêmes droits et garanties que les autres salariés de l’entreprise. Ils continuent ce faisant à appartenir à la communauté du travail. Cependant, la mise en œuvre du télétravail n’est possible que sur la base du volontariat des salariés. Par ailleurs, c’est l’employeur qui doit prendre en charge tous les moyens et outils nécessaires à sa mise en œuvre.

Les différentes formes du télétravail

Parmi les différentes formes de télétravail, on distingue différents types de télétravailleur :

  • A domicile : salarié travaillant majoritairement à la maison et se rendant de temps en temps dans les locaux de son employeur
  • Nomade : salarié conservant un poste de travail dans l’entreprise, mais utilisant les TIC dans tous les autres cas pour se connecter au système d’information (SI) de son entreprise
  • En télécentre (qu’il soit public ou réservé à une seule entreprise) : salarié souhaitant distinguer vie privée et vie professionnelle et maintenir les contacts entre salariés
  • En réseau : salarié pouvant être localisé sur un site (celui de l’entreprise, dans un télécentre ou chez un client). Il travaille sous le contrôle d’un manager à distance, éventuellement au sein d’une équipe virtuelle.

Le recours au télétravail est possible quel que soit le secteur d’activité, dans toutes les entreprises (y compris celles du secteur public) et quelle que soit leur taille. De ce fait, il peut s’appliquer à tous les postes de travail. Pour autant, l’emploi doit être compatible avec le travail à distance. Les emplois de cadres et d’ingénieurs, les fonctions administratives, support ou intellectuelles… ayant recours aux TIC sont les mieux adaptés au télétravail. En règle générale, il couvre 2 jours de travail par semaine au minimum.

Des avantages partagés

Pour le télétravailleur :

  • Amélioration des relations et des conditions de travail et de vie
  • Meilleure conciliation entre vie familiale et vie professionnelle
  • Aucune formalité administrative ou comptable à réaliser (prise en charge par l’employeur)
  • Équipements et services mis à disposition par l’employeur.

 

Pour l’employeur :

  • Plus grande motivation du salarié
  • Gains de flexibilité et de productivité de l’ordre de 27 %
  • Diminution significative des charges fixes de l’ordre de 18 % (location de bureaux, chauffage, électricité, frais de transport…). Cela nécessite que 20 à 30 % des salariés de l’entreprise l’adoptent
  • Amélioration du bilan carbone (Scope 3 : au titre du déplacement des salariés).

 

Des risques identifiés

Pour le télétravailleur :

  • Sentiment d’isolement
  • Manque d’autonomie et d’organisation personnelle
  • Risque de se croire en vacances
  • Réversibilité à organiser longtemps à l’avance avec l’employeur pour le retour en entreprise
  • Dispositions prévues à l’accord national interprofessionnel pas toujours appliquées.

 

Pour l’employeur :

  • Affaiblissement des collectifs de travail
  • Moins de contrôle du temps effectif de travail
  • Accès aux informations sur support matériel
  • Confidentialité d’accès aux données de l’entreprise
  • Risque de détournement des équipements fournis à d’autres usages que professionnels.

 

Les entreprises, acteurs privilégiés du télétravail

Les entreprises doivent s’engager dans cette voie et encourager leurs salariés à adopter le télétravail. Renault l’a fait en 2007, Alcatel-Lucent, L’Oréal et Coca Cola en 2008, France Télécom et Michelin en 2009. De nombreux autres tels qu’IBM et CISCO l’ont aussi adopté… Des PME/PMI, des TPE, des salariés indépendants ont également suivi.

Citons aussi l’initiative particulièrement innovante de la SNCF Transilien. En fin d’année 2012, elle a transformé en bureaux de télétravail d’anciens logements ou locaux inoccupés situés dans des gares parisiennes en Grande Couronne. Cette opération a permis à quelques cadres SNCF de bénéficier deux jours par semaine de ces nouvelles conditions de travail. Qui plus est, en cas de nécessité, ils devaient prêter main forte aux équipes des gares qui les accueillaient.

Les occasions ne manquent donc pas. Il suffit de prêter un peu d’attention aux situations qui se présentent. Ce peut être à l’occasion du déménagement de l’employeur ou de celui du salarié pour compenser l’allongement du temps de trajet. L’accès à l’emploi facilité pour les Personnes à Mobilité Réduite peut également être concerné…

Il est alors opportun de proposer la solution du télétravail. La plupart du temps, les salariés adhèrent à la formule proposée par l’employeur. Cela peut déclencher chez leurs collègues l’envie de devenir eux aussi des télétravailleurs.

D’autres initiatives

Le Conseil Régional d’Île-de-France a lancé en 2012 deux appels à projets visant à encourager l’émergence de propositions de ce type. Ces projets peuvent émaner de collectivités locales, d’entreprises et d’associations. Le Conseil Régional apporte sa contribution financière à celles qui ont été sélectionnées.

Les collectivités locales se montrent également très intéressées par le télétravail. Il s’agit en particulier de celles situées dans le périurbain et en zone rurale. L’implantation d’un télécentre leur apporte un regain de vitalité économique en créant des emplois (gestion du télécentre). Elles se disent aussi favorables à l’examen, avec les entreprises, des conditions d’accueil de leurs salariés dans des locaux leur appartenant.

En conclusion

Il est évident qu’il faut favoriser et améliorer la mobilité en ville. Pourtant, cela ne doit pas se faire à n’importe quel prix ni dans n’importe quelles conditions. Le télétravail permet d’améliorer le quotidien en ville de la population. Il désature les réseaux de transport public et diminue l’émission des gaz à effet de serre liés aux déplacements, En ce sens, il est une voie d’avenir qu’il faut absolument explorer et développer.

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