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L’ARRT, le tramway nommé désir de la Chine

Tramway

ARRT signifie « Autonomous Rail Rapid Transit ». Il s’agit du premier tramway électrique, hybride (train et bus), totalement autonome qui n’utilise pas de rail. La Chine s’apprête à le déployer sur son territoire. Sa conception date de 2013 dans l’usine de production du géant chinois CRRC. Le 8 mai 2018, les premiers tests ont eu lieu à Zhuzhou dans le sud de la Chine sur une ligne de 12 kilomètres, dans des conditions climatiques très rudes (- 20° C). Un conducteur était à bord pour reprendre la main si nécessaire. Les résultats étant concluants, sa mise en service est désormais imminente. Ainsi, on peut affirmer que c’est une première en matière de mobilité.

Ses caractéristiques techniques

Matériel roulant composé de 3 voitures articulées pour une longueur totale de 35 mètres, l’ARRT dispose de roues en caoutchouc, de bogies de type train à double essieu et de circuits hydraulique et pneumatique spéciaux. Ce nouveau matériel mixte les avantages d’un tramway léger sur rail à ceux des véhicules routiers autonomes.

Pour se déplacer, il dispose d’un système de guidage optique autonome. Celui-ci lui permet d’interpréter les marquages au sol sous forme de lignes continues ou discontinues pour se diriger et manœuvrer au cours de ses déplacements. Les tests réalisés à basse température sur des routes enneigées ont permis de vérifier sa fiabilité quant à l’interprétation de ces marquages.

En termes de capacité, il peut transporter jusqu’à 300 passagers à une vitesse de 70 km/h. Pour autant, une autre version est en cours de préparation. Elle devrait permettre de transporter jusqu’à 500 passagers.

Alimenté en énergie électrique pour fonctionner, il dispose de batteries lithium–titanate pour la stocker. Cela lui offre l’avantage d’un chargement très rapide (environ 30 secondes en stations ou 10 minutes au terminus) et d’une très longue durée de vie (plus de 6 000 cycles). Cependant, cette technologie offre une capacité équivalant à un tiers de celle des batteries lithium-ion conventionnelles. Pour autant, il constitue une solution de mobilité sans nuisances sonores ni impact environnemental quant aux pollutions liées aux émissions de CO² et de particules fines.

Les caractéristiques économiques de l’ARRT

La solution proposée par CRRC s’avère être particulièrement ingénieuse et bien pensée pour les déplacements urbains. En outre, elle permet de déployer rapidement un réseau de transport moyennant des coûts très bas en l’absence d’infrastructures et de conducteur.

En effet, il faut compter en moyenne 24 millions d’euros et plusieurs mois de délai pour déployer un kilomètre de tramway classique en France. A contrario, il ne faudra que 5 à 7 millions d’euros et l’équivalent d’un week-end pour déployer son équivalent ARRT. De fait, le remplacement de la pose des rails par des marquages au sol en est la cause essentielle. C’est un avantage majeur, en dépit des coûts de développement des systèmes de conduite embarqué et de supervision générale.

Qui plus est, au-delà des économies liées à l’investissement initial, les coûts d’exploitation vont également revus à la baisse (de l’ordre de 50 % en moins). Cela est lié à l’absence de conducteur, le système de conduite autonome s’y substituant.

CRRC est aujourd’hui le premier constructeur de matériel roulant au niveau mondial. Il est présent dans 104 pays. Il enregistre un chiffre d’affaires de 27 milliards d’euros. Soutenu par le Gouvernement chinois et disposant d’un potentiel énorme sur un marché interne en pleine expansion, son avenir s’annonce radieux. Ceci est d’autant plus vrai qu’aucune concurrence ne peut lui être opposée à ce jour.

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