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FabLabs : la cocréation par l’action

En matière d’innovation, le concept des « FabLabs » (Fabrication Laboratories) est à l’origine lié au célèbre Massachusetts Institute of Technology (MIT). Ainsi, dès la fin des années 1990, il a voulu voir comment une communauté locale pouvait devenir plus créative et plus productive si on lui facilitait l’accès à diverses technologies et outils. Ce concept découle également d’un cours très apprécié du MIT intitulé : « How to make (almost) anything ».

Qu’est-ce qu’un FabLab ?

Les FabLabs sont des lieux de rencontre. Ils rassemblent des personnes aux profils et aux intérêts variés. Elles viennent pour élaborer une œuvre originale dans un esprit d’ouverture et de collaboration. A cet effet, elles disposent de ressources humaines (facilitateurs) et techniques (machines numériques, imprimante 3D et logiciels) mises à leur disposition dans cet espace. Ainsi, elles peuvent matérialiser leurs idées tout en encourageant  leur créativité individuelle.

Pour ce faire, la réalisation s’appuie sur un partage des connaissances. Elle fait aussi l’objet d’itérations successives (maquettages et prototypages). A chaque étape, on tient compte des essais/erreurs enregistrés et des nombreuses interactions entre les acteurs d’un FabLab donné. Également, d’autres FabLabs peuvent être sources d’inspiration. Ce qui est conçu à un endroit peut, en effet, être amélioré et développé autre part encore.

De ce fait, véritable laboratoire des usages, le FabLab favorise l’invention en situation et l’émergence
de nouveaux produits et services en impliquant des utilisateurs et des facilitateurs. Cela induit un processus d’apprentissage à boucle courte, donc rapide. Qui plus est, dans ce cas, la cocréation donne aussi le plaisir d’être dans l’action.

Des enjeux de développement

Le modèle d’innovation « user centric », cher à Eric Von Hippel, est décrit dans son livre intitulé « La démocratisation de l’innovation ». Il montre que les utilisateurs individuels sont de plus en plus en capacité de développer eux-mêmes les produits et services dont ils ont besoin ou envie. Ce cycle de développement s’établit comme suit :

  1. Un utilisateur développe une innovation (invention et phase de maquettage ou de prototypage)
  2. Il parle de son innovation autour de lui (famille, amis, collègues) et sur les réseaux sociaux (phase de diffusion de l’information)
  3. Une communauté d’intérêt se forme autour de lui et développe un prototype de travail (phase de réplication pré-commerciale)
  4. Un industriel (ou cet utilisateur avec des partenaires) développe une version commerciale de cette innovation en ajoutant d’autres fonctionnalités (phase commerciale).

 

L’exemple du Jacuzzi

A titre d’exemple, les frères Jacuzzi ont, pour les besoins de santé d’un membre de leur famille en 1956, miniaturisé une pompe d’hydrothérapie de leur fabrication. Ensuite, ils l’ont utilisée dans une baignoire domestique afin de procurer détente et relaxation à la personne malade. Pour autant, Roy Jacuzzi n’a commercialisé cette invention qu’en 1968. Aucun produit de ce type n’existait sur le marché à cette époque. Son invention, son amélioration, puis sa distribution répondaient en premier lieu à un problème personnel.

Il va sans dire qu’une communauté d’utilisateurs composée de non-clients est d’autant plus intéressante qu’elle sort totalement des marchés établis traditionnels. C’est pourquoi, plutôt que d’attendre que les entreprises leur proposent des produits et services souvent non adaptés à leurs
besoins et attentes, ces utilisateurs préfèrent les développer eux-mêmes. Il peut s’agir au départ d’un simple « bricolage » (cf. Innovation Jugaad).

Ainsi,les produits physiques dans les FabLabs ont progressivement pris le pas sur les produits d’information (matériels informatiques et logiciels) dans les Espaces Publics Numériques (EPN). Le développement et le partage de ces innovations s’opèrent via des fichiers numériques échangés gratuitement sur Internet, notamment avec les pays émergents.

Les enjeux économiques et écologiques soutenus par les FabLabs intègrent une distribution mondiale dématérialisée et une fabrication locale d’objets à bas coût (pièces de rechange, par exemple). C’est aussi une vision très différente du monde industriel classique.

Des enjeux sociaux

Les enjeux sociaux sont multiples : partage des savoirs, appropriation par l’apprentissage, encouragement à l’action, formation, stimulation des initiatives, régénération des relations sociales. Le fait est que les gens se rencontrent et imaginent des solutions ensemble dans les FabLabs afin d’améliorer leur quotidien. Voilà qui constitue autant de raisons de les considérer comme une innovation sociale à part entière.

Dans un contexte incertain et instable du fait des mutations économiques, sociétales et environnementales actuelles, il est important que l’individu choisisse de se prendre en main en s’appuyant sur la communauté locale d’un FabLab pour :

  • Trouver des solutions à certains de ses problèmes et des réponses à ses besoins et attentes
  • Et les mettre en œuvre en tant que citoyen et consomm’acteur en s’appuyant sur l’intelligence collective.

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